Femmes & initiatives de croissance – Haro sur la non-application des lois en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

  • 30 mars 2018

Introduites par Agnès Bricard, présidente de BPW France (Business & Professional Women), Olivia Grégoire et Marie-Jo Zimmermann, respectivement députée de la 12e circonscription de Paris et ancienne présidente de la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale, ont profité de cette matinée « femmes & initiatives de croissance » pour se livrer à un réquisitoire contre les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes. Si toutes deux ont fait état de quelques améliorations, elles ont appelé à plus de transparence et de contrôles pour garantir l’application des lois, et à persévérer dans le changement des mentalités.

« Il y a un fléau qui continue, et c’est celui de l’inégalité salariale ». Olivia Grégoire, députée de la 12e circonscription de Paris et membre de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, est notamment revenue sur son « premier boulot », dans le service public. C’était en 2002. « À diplôme supérieur, j’avais un salaire largement inférieur. Ça date d’il y a 15 ans, et culturellement, ça ne m’avait pas forcément choquée. C’est différent aujourd’hui. Les mentalités ont évolué, mais, dans les faits, on en est toujours au même point », a-t-elle relevé.

1983, 2001, 2006, 2011, 2012, 2014… Après avoir énuméré les différentes lois en la matière, Olivia Grégoire l’a amèrement constaté : si l’égalité salariale est partout dans les textes, nous sommes encore bien loin d’une égalité réelle. « Au moment où on se parle, ça fait trente ans qu’on légifère, et les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent, et 25 % en moyenne de moins, tous postes confondus ». Si les 25 % d’écart « s’expliquent mais ne s’excusent pas » par des « verrous » tels que l’orientation, la cooptation masculine, ou encore un « plafond de verre intérieur », la députée l’a martelé : les 9 % d’écart pour le même travail sont « inacceptables », « surtout quand on sait que les entreprises qui respectent l’égalité sont plus attractives, plus innovantes ». Rappelant que le principe « à travail égal, salaire égal » est à valeur constitutionnelle, « dans un pays où le nom égalité est écrit sur chaque fronton de chaque mairie, de chaque école, nous sommes loin du compte », a déploré Olivia Grégoire. D’après cette dernière, les inégalités salariales seraient même au cœur de toutes les autres inégalités entre les femmes et les hommes : « le manque d’autonomie financière explique souvent pourquoi des femmes, victimes de violences, ne partent pas », a asséné la députée.

Olivia Grégoire s’est donc prononcée en faveur du name and shame, mais, encore plus, du name and shine. « C’est bien de taper quand ça ne ça va pas, mais il faut valoriser les entreprises vertueuses. Être dans une dynamique de discrimination négative ce n’est pas forcément la technique la plus efficiente », a-t-elle souligné. Par ailleurs, la députée a réclamé plus de transparence et de contrôle. Deux objectifs poursuivis par une série de mesures. Ainsi, dès le 1er janvier  2019, les entreprises de plus de cinquante salariés auront à leur disposition un logiciel intégré au logiciel de paie, pour permettre aux entreprises d’évaluer les écarts de salaire : « En cas d’écart, chaque entreprise devra consacrer une enveloppe de rattrapage salarial en faveur des femmes, dont le montant sera décidé dans le cadre de la négociation sur les salaires ». Pour corriger le tir, les entreprises auront trois ans, et devront, dans l’intervalle, publier sur leur site le pourcentage d’écart de salaire injustifié. D’autre part, Olivia Grégoire a annoncé que les contrôles de l’inspection du travail seraient multipliés par quatre sur le sujet de l’égalité professionnelle et salariale. « Il est temps que les entreprises prennent des engagements concrets, formels, dont les résultats seront évalués, a-t-elle argué. Il faut changer les mentalités, et pas que sur la peur des sanctions. L’égalité n’est pas encore vraiment atteinte, mais je refuse la guerre entre les sexes et la résignation aux inégalités ».  

Se battre pour plus de représentativité des femmes …

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