L’acte II du quinquennat

  • 29 avril 2019

Le Gouvernement a présenté hier la feuille de route qui doit mettre en œuvre les chantiers lancés la semaine dernière par le Président de la République. À la lecture de cet ambitieux calendrier, j’ai d’abord eu une confirmation : nous allons encore beaucoup travailler ! Rationalisation des aides aux entreprises, reprise de l’examen d’une réforme constitutionnelle à l’ambition renouvelée, réorganisation des services publics dans les territoires… Autant d’actions pour intensifier notre effort, redonner corps à notre projet dans ce qu’on peut déjà appeler l’acte II du quinquennat.

J’entends dire, dans certaines manifestations du samedi, sur les bancs de l’opposition au Parlement ou dans les médias, que le Gouvernement n’a pas tiré les leçons du Grand Débat National, arguant qu’il n’y a pas de changement de cap. Certains souhaitaient instrumentaliser le mouvement des gilets jaunes pour obtenir un rétropédalage de la majorité sur toutes les mesures fortes, utiles, déjà prises depuis près de 2 ans et qui portent déjà leurs fruits. Ce ne sera pas le cas, car notre diagnostic et nos conclusions étaient les bons. Mais je crois important de lever un malentendu : ce que le Gouvernement a engagé, hier avec le grand débat, demain dans les concertations sociales et environnementales qui vont s’ouvrir, c’est un changement de méthode. Un changement nécessaire parce que si la crise des « gilets jaunes » a bien révélé une chose, c’est l’incompréhension de certains Français à l’égard de la politique du Gouvernement. Le Grand Débat, formidable moment démocratique, s’est donc clôt sur une promesse de réinvention de la délibération et de la pédagogie des réformes : que veut-on faire et comment le faire.

La crise des « gilets jaunes » a bien sûr révélé un aspect plus fondamental de l’état d’esprit d’une partie de la population : son sentiment d’être isolée, abandonnée par la solidarité nationale, tenue à l’écart des décisions sur son avenir. Ces inquiétudes, le Gouvernement les a entendues. Il n’est certes pas question d’abandonner notre cap, ce serait irresponsable de détruire ce que nous avons patiemment construit depuis près de deux ans, à savoir un environnement de confiance propice à l’investissement des personnes et des entreprises. En revanche, il est apparu nécessaire de développer de nouvelles réponses à certaines questions qui avaient été laissées de côté.

Les réponses aux problèmes pressants exprimés par les Français seront concrètes, ambitieuses, utiles. Peut-être n’auront-elles pas pour certains l’«effet whaou» d’un big-bang fiscal, de la mise en place d’un RIC ou de la suppression des départements. Mais la création d’une maison des services publics dans chaque canton, la baisse de l’impôt sur le revenu, l’introduction d’un conseil de citoyens tirés au sort auront un impact sur la vie de nos concitoyens, impact certain et rapide.

Car la troisième révélation de la crise des « gilets jaunes », c’est l’impatience. Les Français veulent voir leur vie changer dès maintenant. Pour nous, parlementaires qui, depuis notre élection, battons des records en nombre d’heures siégées ou en temps pour adopter une loi, cela veut dire qu’il va falloir, accélérer les réformes mais surtout assurer leur transposition concrète, le suivi de leur mise en œuvre.

C’est à cette exécution que nous devrons nous attacher. Une des missions que nous nous sommes fixés au sein de cette majorité est d’améliorer l’effectivité des lois, de faire en sorte qu’une fois votées, leurs décrets d’application soient pris le plus rapidement possible afin de devenir des réalités dans la vie quotidienne des Français. Nous avons commencé à répondre à ce défi : ainsi, le taux d’application des lois est de 91 % pour les textes adoptés lors de la session 2017-2018, contre 72 % pour 2016-2017. Là encore, il n’est pas question de changer de cap, mais bien de faire mieux. Pour que l’élan de notre projet se fasse sentir sur tout le territoire !

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